
Ouano
Roulant sans but précis sur chemins campagnards
Loin du bruit de la ville et du béton blafard
Elles s’étaient égarées par un heureux hasard
Sur une petite plage au bout de nulle-part
Le sable n’était pas blanc, le peu d’eau pas très clair,
La bande d’herbe rêche pas très hospitalière,
Et la marée montante commençait à lécher
Les racines tourmentées de vieux palétuviers
Est-ce l’odeur suave des mangues ouvertes au sol
Ou l’absence totale de stupides parasols ?
Est-ce l’envoûtement du clapotis de l’eau
Ou le simple besoin de décharger fardeau ?
Un regard leur suffit et d’un commun élan
Elles jetèrent leur corps dans le grand océan
Jambes et bras en croix sur matrice éternelle
Ondoyant côte à côte en plus simple appareil
Fœtus intemporels, échange fusionnel
Les belles s’évadèrent entre mer et soleil.
Lilas Conuts