Le projet hôtelier porté par Christian Kalinowski fait couler beaucoup d’encre. Il porte en effet depuis 2003 un projet visant à construire un ensemble hôtelier de luxe sur la baie avec notamment la construction de bungalows sur pilotis au dessus du lagon ré-ensablé pour l’occasion.
C’est vrai que la construction d’un nouvel hôtel est définitivement primordiale aux vues du nombre de visiteurs que la Calédonie accueille chaque année. (Je me moque des ambitions des promoteurs)
Et non, affirme le promoteur, la construction (endigage, destruction mécanique du récif et du platier, remblayage) n’aura pas d’impact écologique sur la baie.
Ce matin j’ai reçu ce mail signé par Monsieur Philippe Borsa, chercheur à l’I.R.D qu’il a écrit au président Jean-Louis d’Auzon de l’Association pour la Sauvegarde de la Nature Néo-Calédonienne.
En bas de page, le lien sur le site de l’EPLP pour signer la pétition en ligne.
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Chers amis de l’ASNNC, cher Jean-Louis d’Auzon,
bonjour ! Je suis nouvellement installé à Montpellier, à 20 000 km de Nouméa. Cependant, je continue à suivre attentivement l’actualité environnementale en Nouvelle-Calédonie.
Kalinowski vient de ressortir de ses tiroirs son vieux projet de « Beach club hotel » à la baie des Citrons. Je suis inquiet d’un tel acharnement de la part de ce promoteur immobilier : il dit dans une interview donnée aux Nouvelles que le projet tient compte des recommandations précédentes, mais je vois que la copie reste quasiment inchangée par rapport au dossier qui avait été soumis à enquête publique en 2003. Les mêmes problèmes sont là : endiguage, destruction mécanique du récif et du platier, remblayage, et impact prévisible lors des travaux de construction, et ensuite de par les modifications qu’entaînera nécessairement la reconfiguration du trait de côte.
Dans la version initiale il était question de construire les bungalows en kohu (Intsia bijuga) : il faut savoir que les importations de ce bois sont douteuses, puisque l’essentiel de sa production mondiale provient désormais de zones de forêt protégée en Papouasie Occidentale, exploitées illégalement avec la complicité de l’armée indonésienne. Les grumes sont exportées frauduleusement vers la Malaisie , la Chine ou le Viet Nam, pour être réexportées sous la forme de planches, meubles et parquets vers les pays consommateurs, dont la Nouvelle Calédonie.
Dans la version initiale, comme dans la version actuelle du projet, des milliers de tonnes de sable blanc serviront à créer le fond d’une lagune artificielle :
Ce sable sera prélevé où ?
Il est également question d’une colonisation par les coraux : comment sera-ce possible ? Je ne vois pas comment des coraux pourront s’installer spontanément dans une lagune artificielle en bord de côte. Je note juste qu’il y a naturellement une grande richesse et abondance de coraux sur le récif et le platier de la rive nord de la baie des Citrons et qu’il est clair que ceux-là disparaîtront sous les remblais !
Des coraux seront-ils prélevés quelque part pour être transplantés dans la lagune artificielle ?
Si oui, où ? Quel sera l’impact sur les récifs qui fourniront les coraux ? Quelles seront leurs chances de survie dans la lagune artificielle ?
Rien de cela n’était indiqué dans les études d’impact précédentes.
Concernant le récif de la baie, l’étude d’impact réalisée en 2000 ou 2001 par A2EP avait émis des conclusions réservées.
Kalinowski prétend qu’il n’y aura aucun impact, mais c’est contraire à ce qui est écrit dans le dossier. Et puis il faut vraiment prendre les gens pour des abrutis, pour prétendre avec un tel aplomb qu’un projet de cette envergure n’aura pas d’impact.
Kalinowski confie aux « Nouvelles » que le platier est de faible valeur écologique, alors que c’est exactement l’inverse. Je peux compiler la liste des espèces emblématiques présentes sur ce platier.
Il y a notamment 7 espèces de serpents marins et deux espèces de tortues : il s’agit dans tous les cas d’espèces indicatrices de milieux à très haute valeur écologique.
Voici le commentaire que j’ai joint à la signature de la pétition, mais je n’en resterai pas là. Cette affaire recevra le battage médiatique qu’elle mérite. Et je trouve inacceptable que Kalinowski interpelle publiquement les défenseurs de l’environnement en les taxant de « terroristes ».
Je vous soutiens sans réserve dans ce combat à haute valeur symbolique : il est temps de faire comprendre aux promoteurs de projets touristiques et aux « défiscaliseurs » qui les accompagnent que la nature est un bien commun qu’il n’est plus permis de saccager impunément.
Amicalement
Philippe Borsa
Commentaire joint à la pétition :
» Kalinowski ne fait que proposer à nouveau son vieux projet déjà retoqué en 2004 lorsque P. Gomes a été élu président de l’assemblée de la P Sud.
Kalinowski a tout simplement attendu que le RUMP revienne aux commandes, car le RUMP (ou RPCR, en la personne de son président d’alors, Jacques Lafleur) soutenait le projet avant 2004.
Ce projet est une ineptie totale du point de vue environnemental. La baie des Citrons abrite un des rares récifs urbains encore à peu près en état dans le Pacifique sud-ouest. Ce récif est constitué d’un front riche en espèces coralliennes, qui sera en grande partie détruit, et d’un platier qui sera complètement remblayé.
Au moment où le monde entier prend conscience de la fragilité des écosystèmes récifaux face, notamment, au développement urbain et à l’aménagement du littoral, Christian Kalinowski ressort de ses tiroirs son vieux projet calamiteux et tente de le faire passer sur la base de deux arguments mensongers :

Pour signer la pétition en ligne : faites un tour sur le site « Ensemble pour le planète«
Pour Info : L’enquête public
L’enquête publique concernant le projet de complexe touristique à la Baie-des-Citrons se poursuit jusqu’au 16 novembre inclus. Les personnes peuvent prendre connaissance du projet et consigner leurs observations sur le registre à la mairie de Nouméa. Le commissaire enquêteur sera présent en mairie le 16 dans l’après-midi, de 12 h 30 à 15 h 30, pour répondre aux interrogations des Nouméens et enregistrer leurs observations vis-à-vis du projet.