Chapitre ‘Racines du cagou’

Chapitre Actualité du cagou, Identité par Olivier Houdan le 30 juillet 2010

“(…) Personne n’a jamais pensé que la voie tracée serait facile. Mais ce que nous savons, c’est que cette voie, celle du dialogue et celle de la paix, est la seule possible, et que nous ne devons pas en dévier. Il faut surmonter les obstacles et aller de l’avant. C’est l’intérêt de tous, c’est l’intérêt de la Nouvelle-Calédonie.”

Jacques CHIRAC Président de la République, dans le discours prononcé devant les membres de l’Assemblée de la Province Nord.

25 juillet 2003, Koné.

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“(…) j’ai la conviction que l’intérêt d’une collectivité, dès lors que sa personnalité est respectée, que son identité est préservée, que son développement est assuré, n’est pas dans le séparatisme et le repli, mais au contraire dans l’adhésion à une communauté plus large, à une communauté solidaire. C’est la proposition de la France. Elle vous accompagnera dans la voie que vous choisirez. C’est à vous de construire cette communauté de destin si attachante et si exigeante que vous avez souhaitée. Ayez confiance dans l’avenir de la Nouvelle-Calédonie. Ayez confiance en vous! Ayez confiance dans le soutien de la Nation. Notre lien quoi qu’il arrive est un lien indéfectible.”

Jacques CHIRAC, Président de la République.

23 juillet 2003, Nouméa.

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“(…) Vivre dans son pays avec la confiance retrouvée grâce à la définition d’un projet clair et ambitieux de développement économique plus harmonisé, valorisant les richesses humaines et naturelles du pays. (…) Un territoire dont tous les habitants seraient décidés à se respecter, à effacer les traces du passé, à affirmer l’originalité de leur culture, leurs spécificités et décidés à s’unir pour en maintenir le caractère. Un territoire qui se serait enfin mis d’accord avec la mère-patrie pour que sa vocation d’égalité et justice y soit partout respectée.”

Paul Dijoud, Secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer dans “Un plan de développement économique et social à long terme pour la Nouvelle-Calédonie”

juillet 1978

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“ (…) Je dis à ceux qui sont ici pour semer haine et violence: partez et partez vite. (…) Il est vrai, que nous aussi, nous nous sommes longtemps posé les questions que des milliers de Calédoniens se posent: Qu’allons-nous devenir? Pouvons-nous avoir confiance en l’avenir? Quel sera cet avenir? Nous avons compris que la réponse n’était pas en France, mais en Calédonie, et que seuls les Calédoniens pouvaient répondre à ces questions. Bien sûr nous savons que la voie que nous avons choisie est la plus difficile à faire admettre et comprendre. Aussi, je dis aujourd’hui Calédoniens: laissez-nous prouver qu’il est possible de travailler entre blancs et Canaques, laissez-nous réussir, aidez-nous même à réussir, car notre réussite sera la vôtre et celle de nos enfants.

Christian BOISSERY, Chef du Groupe FNSC à l’Assemblée territoriale

Juillet 1982, Nouméa.

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“(…) Sachons faire en sorte que dès demain, dans la confiance réciproque, nous nous prenions par la main, et que nous demandions à la France, d’étudier avec nous, un statut d’autonomie réelle, qui écarte les chimères impossibles et les intégrations irréalistes, et donne enfin à la Nouvelle-Calédonie les moyens de vivre en paix, et de construire pour nos enfants qui nous regardent et qui nous écoutent, une Calédonie exemplaire.”

Gaston MORLET, conseiller territorial de la FNSC dans le discours dit “des réparations” prononcé à l’Assemblée territoriale.

2 septembre 1980, Nouméa.

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“(…) Nous sommes maintenant en route pour une nouvelle étape de notre existence, en route pour le deuxième centenaire… celui que verront nos petits-enfants et qu’ils célèbreront à notre mémoire si nous savons le leur préparer encore plus beau. (…) C’est dans la pérennité de cette présence, dans l’attachement indéfectible à la Mère-Patrie (…) que nous trouverons les appuis et les forces qui nous permettrons d’asseoir notre destin, de forger notre avenir et d’assurer le plein épanouissement de notre belle Nouvelle-Calédonie.”

Maurice Lenormand, Député de la Nouvelle-Calédonie et des Nouvelles-Hébrides, à l’occasion des cérémonies du centenaire de la prise de possession de la Nouvelle-Calédonie par la France.

24 septembre 1953, Nouméa.

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“(…) les communautés prennent conscience de ce que leur avenir dépend de leur capacité à chercher et à vouloir ensemble, à vivre ensemble, demain comme hier, même si c’est autrement. Vous êtes responsables de votre propre destin. (…) Hommes et femmes, jeunes en particulier qui vivez sur cette terre de Nouvelle-Calédonie, qui y travaillez, qui l’aimez, votre avenir est entre vos mains, c’est aujourd’hui qu’ensemble vous pouvez décider de dépasser vos contradictions et ensemble construire un destin.”

Edgard PISANI, Haut-Commissaire de la République et Délégué du Gouvernement, dans le discours de présentation de son projet d’indépendance-association.

7 janvier 1985, Nouméa.

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“(…) Je veux leur dire: reprenez espoir, une page nouvelle va pouvoir s’inscrire, non par les armes mais par le dialogue et la tolérance, par le travail et la volonté. Ceux qui à Paris, ont parlé en votre nom, ont fait preuve de courage et de responsabilité. Sans rien abandonner, ils ont su donner et pardonner. Je veux vous aider à réussir votre destin par la réconciliation, la solidarité et la construction de l’avenir.”

Michel ROCARD, Premier Ministre du Gouvernement français dans le communiqué rendant compte de l’accord intervenu entre Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur et leurs délégations respectives réunis à l’Hôtel Matignon.

26 juin 1988, Paris.

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“(…) Je vous apporte ma détermination et mon affection. Sachez qu’en retour, votre résolution m’est nécessaire car elle me conforte dans la certitude qu’ensemble, nous apporterons à votre territoire la paix et le progrès. Vous êtes chez vous, nous sommes aussi chez nous car, tous ici, avons notre place dans un destin commun: Mélanésiens, Caldoches venus de la vieille Europe mais aussi Wallisiens, Tahitiens ou Asiatiques.”

Jacques CHIRAC, Président du RPR, dans le discours prononcé à la Place des cocotiers.

25 septembre 1985, Nouméa.

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“(…) Je crois qu’il ne faut pas exister, les uns contre les autres, deux patriotismes exacerbés, patrie française contre patrie canaque, mais au contraire les unir autour du destin de leur belle patrie.”

Jean-Pierre AÏFA, Président de l’Assemblée Territoriale, dans le discours de bienvenue adressé à Georges Lemoine, Ministre des DOM-TOM.

20 mai 1983, Nouméa.

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“(…) Parce que voyez vous mes chers collègues, je suis persuadé, intimement persuadés, que nous pouvons réussir ici une décolonisation qui a échoué partout ailleurs. Je proclame solennellement à la tribune de cette assemblée que les kanak n’ont jamais eu l’intention de faire partir les autres ethnies de ce pays. Je vous demande de cesser cette politique de la peur.”

Yeiwéné YEIWENE, porte-parole du Front indépendantiste, dans une déclaration faite devant les membres de l’Assemblée territoriale, à la suite du commando ayant investi l’hémicycle de l’institution, le 22 juillet 1982.

27 juillet 1982, Nouméa.

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“(…) Le développement du Territoire se fera si chaque homme et chaque femme a la conviction qu’il a un rôle à jouer dans l’avenir à construire. (…) Vivre ensemble est donc l’objectif premier de tous les projets politiques. Mais proclamer l’objectif ne suffit plus. Chacun est appelé à apporter sa contribution et convaincre ainsi de sa sincère détermination à assurer le succès des changements engagés. (…) Les évolutions faites en temps utiles permettent d’éviter les révolutions si souvent porteuses de désordre et de malheurs. Le train du changement est en marche. Il y a ceux qui acceptent d’y monter afin, demain, d’en assurer la conduite et d’en maîtriser les accélérations. Il y a les autres qui restent sur le quai et sont et demeureront en attente de l’Histoire.”

Christian NUCCI, Haut-Commissaire de la République, dans le discours prononcé à l’ouverture de la session administrative de l’Assemblée terrtoriale,

21 avril 1982, Nouméa.

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“(…) A la jeunesse calédonienne, aux jeunes Calédoniens, à quelque communauté qu’ils appartiennent, je dis ma confiance. Calédoniennes, Calédoniens, c’est en vous-mêmes que vous devez trouver les forces qui permettront de préparer votre avenir. (…) Votre avenir tient en deux mots: démocratie et solidarité. J’ajouterai ceci: nous progresserons ensemble. (…) Mais cette politique ne sera ni conçue, ni imposée de loin. La France ne fera rien qui aille à l’encontre de la volonté des habitants de ce Territoire, telle qu’elle s’exprime démocratiquement. Vous êtes les vrais responsables de votre avenir.”

Valéry GISCARD d’ESTAING, Président de la République, dans son discours prononcé à la Place des Cocotiers.

17 juillet 1979, Nouméa.

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“(…) Si nous savons nous rassembler sur l’essentiel, et oublier les vaines querelles du passé; si nous savons doner le pas aux forces qui nous unissent sur celles qui nous divisent; si nous savons préférer à la lutte contre des hommes le combat pour des idées; si nous savons affirmer la personnalité de notre société dans l’union et la compréhension entre les ethnies, nous relèverons ensemble le défi calédonien et plus encore: nous nous montrerons des hommes dignes de notre pays, dignes de notre temps.”

Jacques LAFLEUR, dans son discours-programme prononcé au stade Brunelet et qui aller donner naissance au Rassemblement Pour la Calédonie.

17 avril 1977, Nouméa.

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“(…) Comme tous les assiégés, nous devons faire retentir ce cri historique: nous unir ou périr car nous en sommes bien convaincus, notre destin est entre nos mains, nos seules mains. En un mot, nous devons tous ensemble bâtir la grande case qui rassemblera tous les Calédoniens de bonne volonté qui veulent œuvrer dans l’union et dans la fraternité.”

Lionel CHERRIER, Sénateur de la Nouvelle-Calédonie, dans le discours d’ouverture de la journée marquant la naissance du Rassemblement Pour la Calédonie.

17 avril 1977, Nouméa.

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“(…) La Calédonie est habitée par plusieurs ethnies: tant mieux! Fraterniser, c’est se connaître, l’unité des Calédoniens ne pourra se faire que par la reconnaissance des diversités. Si une institution ou un représentant de l’Etat, par son action, porte atteinte à la dignité d’un groupe de Calédoniens, nous devons mobiliser toutes nos forces pour contrer ce mal, car ne pas reconnaître l’humanité d’un groupe de Calédoniens, c’est empêcher la Calédonie de demain de naître. Vive la Calédonie libre!”

Nidoish NAISSELINE, dans une lettre de prison adressée à ses parents.

25 avril 1972, Nouméa.

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“(…) Aujourd’hui, la Nouvelle-Calédonie inaugure, dans la fierté et la confiance, avec la naissance de son premier conseil de Gouvernement, la mise en place des nouvelles institutions territoriales prévues à la Constitution, octroyées par la loi-cadre, et qui marquent la volonté de la France de réaliser pleinement cette communauté de destin décidée dans la guerre et promise en témoignage de la victoire commune.”

Maurice LENORMAND, Vice-Président du premier Conseil de Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, dans son discours de politique générale prononcé devant l’Assemblée territoriale.

29 octobre 1957, Nouméa.

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“(…) Je tiens à vous redire, aujourd’hui, combien j’attache la plus grande importance au respect de cet accord conclu, il y a plus de dix ans, entre les deux «légitimités» de la Nouvelle-Calédonie, sous l’égide de l’État. L’accord de Nouméa a marqué une étape importante dans l’histoire de la Nouvelle-Calédonie. C’est une démarche politique fondée sur le consensus, le respect des engagements et la volonté de bâtir un destin commun. Nous irons jusqu’au bout de ce processus.”

Nicolas SARKOZY, Président de la République, dans son discours prononcé à l’issue du VIè comité des signataires de l’Accord de Nouméa.

9 décembre 2008, Paris.

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“(…) A titre personnel, j’ aspire de toutes mes forces à ce que nous ayons l’intelligence collective nécessaire pour construire une ambition commune pour notre pays, audacieuse et réaliste, respectueuse des convictions de chacun. Une ambition qui conjuguerait nos deux rêves pour une seule terre. Pour moi, il n’y a pas une Nouvelle-Calédonie indépendantiste et une Nouvelle-Calédonie non indépendantiste. Il n’y pas une Nouvelle-Calédonie noire et une Nouvelle-Calédonie blanche. Il y a un pays qu’on aime, parfois bien, parfois mal, parfois trop. Un pays dont la terre coule dans nos veines. Un pays à qui on appartient plus qu’il ne nous appartient. Et que l’on doit construire ensemble. C’est le sens de l’accord de Nouméa.”

Philippe GOMES, Président du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, dans son discours de politique générale prononcé devant les membres du Congrès.

31 août 2009, Nouméa.

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“(…) Car soyons clair à quoi sert une idée porteuse d’humanité si elle est emprisonnée dans les craintes, les préjugés, les sectarismes? C’est ouverte, partagée et offerte à tous qu’une idée peut exister et qu’elle peut s’envoler. Le Mwa Ka, c’est à la fois une histoire qui se termine mais aussi et surtout le fondement, l’assise, d’une histoire qu’ensemble et en commun nous avons entrepris d’écrire. Une histoire ouverte par l’acte fondateur que constitue la poignée de mains du 26 juin 1988. Pour nous, clairement, l’avenir c’est le temps du destin commun, engagé depuis l’accord de Nouméa, dans la case commune, sculptée à la tête du Mwa Ka.”

Pierre FROGIER, Président du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, dans le discours prononcé lors de l’érection du Mwa Ka dans les jardins de la Province Sud pour le150ème anniversaire de la prise de possession de la Nouvelle-Calédonie par la France.

24 septembre 2003, Nouméa.

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“(…) La Nouvelle-Calédonie s’empare de ses atouts et construit son avenir avec fierté. En restant unis, en nous concentrant sur les objectifs que nous nous sommes assignés lors du dernier comité des signataires, nous transformons ces espoirs en autant de forces pour la Nouvelle-Calédonie de demain.”

François FILLON, Premier Ministre, dans le discours prononcé devant les membres du Congrès de la Nouvelle-Calédonie

17 juillet 2010, Nouméa.



Chapitre Echos du révolu et de l'altéré par Trapard Creteux le 11 juillet 2010

Radio Latitude Sud c’était une radio indépendante qu’on disait, à l’époque gérée par la fraction wallisienne du Palika. Elle a commencé à émettre entre fin 1991 et début 1992 sur les ondes locales. En gros, à l’époque, il y avait NRJ 2000, RRB (la radio du RPCR), Radio Djiido (pour le FLNKS) et basta, pas plus ! Pas encore de Radio Océane, qui a vu le jour vers la fin des années 90.

Moi, j’étais étudiant à Magenta et je cumulais parallèlement deux jobs. Passionné de cinéma, j’avais aussi un goût prononcé pour le rock aux sons de guitares saturés et amplifiés : le Metal (même si on ne l’appelait pas encore ainsi) et le Punk (celui des années 70 et 80). Donc j’ai tenté ma chance en postulant à Radio Latitude Sud (RLS) sans maquette sous les bras mais avec ma passion jusqu’au bout des cheveux.

Comme l’employeur a fait la moue devant ma proposition de deux heures tous les samedis avec du Metal une semaine et du Punk pour l’autre, je me suis retrouvé à chercher au fond de mes racines pour trouver une alternative…

C’est ainsi qu’est née l’émission ACHTUNG ! avec une heure de punk une semaine sur deux et idem pour le Metal ET l’émission devait transiter avec une heure de musique espagnole et latino-américaine pour redescendre en douceur de ces émotions électriques. Je n’avais trouvé que cette astuce pour vendre ACHTUNG ! puisque l’employeur voulait aussi satisfaire une clientèle qui se trouvait dans la communauté latine du Caillou.

C’est amusant comme ACHTUNG ! semblait anachronique sur la planète RLS constituée quasi-uniquement de Wallisiens qui unanimement  nous rabâchaient les oreilles des éternelles funky, soul ou pop guimauves à la mode à l’époque. Même Guy Raguin a fait un séjour dans ce studio situé au dessus du Bilboquet Village pour créer un hit parade de musique locale accompagné de Manou, chanteur de valses tahitiennes de l’époque. Donc ACHTUNG ! était ce que l’on pourrait qualifier d’ « à l’essai » dans cet univers qui n’était pas le sien…

Je pense que personne n’a été déçu au vu des nombreux coups de téléphone anonymes insultants que je recevais durant mon émission, pour me dire que c’était inadmissible de diffuser des chansons aux paroles si dégradantes…Deux exemples parfaits sont, par exemple, la fois où j’ai passé le morceau « Toutes des putes sauf ma mère et ma sœur » des Garçons Bouchers où je n’ai jamais autant vécu d’amour téléphonique que cet après-midi là, ou lorsque j’ai diffusé le célèbre « J’encule » de Gogol Premier qui m’a valu une invitation expresse dans le bureau du patron doublé d’un avertissement. C’était donc la fête au Village…

Je crois que le plus flagrant ces samedis en question, c’était les clans que créait la division de l’émission en deux genres musicaux distincts. J’avais un samedi sur deux mes metalleux chevelus de potes qui envahissaient le studio avec leurs K7, vinyls ou CD à me faire diffuser, et idem pour le samedi suivant où une faune à houppettes, de tondus, de keupons et psycho-billy boys qui s’agglutinaient autour de la platine pour me passer la dernière K7 piratée ou autoproduite d’un groupe de Paris ou d’ailleurs. C’est ainsi que j’ai connu Rasskass Rouge, que m’avait amené sous le bas un pote commun, et qui était venu me gueuler dessus parce que je passais beaucoup trop de musique Oï qu’il qualifiait de rock pour fachos…

A l’époque, j’avais très peu de moyen de me faire de la pub (disons de la comm’) donc je taguais au gros marqueur noir des pentagrammes pour le Metal et des signes anarchisants ou de feuilles de cannabis pour le Punk, le tout accompagné de texte descriptif sur les genre musicaux, de quelques provocations bien à moi, et des horaires de l’émission et je photocopiais le tout pour un placardage en masse. Les affiches restaient rarement très longtemps sur les murs, il faut l’avouer. Il m’est arrivé, certaines nuits, accompagné de BOZ’ (il se reconnaîtra) de placarder les murs du centre-ville, des établissements scolaires au commissariat de police de pochoirs en forme de feuilles de cannabis avec les horaires de mon émission.

Je crois qu’ACHTUNG a été la première émission locale à diffuser du bon gros Death Metal et du Black Metal. Je me souviens que Guy Raguin gérait une émission de hard rock dans les années 80 sur RFO mais il n’avait jamais dépassé le niveau de saturation d’un Iron Maiden ou d’un AC/DC…

Je me souviens qu’on me rapportait à chaque fois que le Bilboquet (situé sous la station) changeait de fréquence le temps de mon émission. Et je crois que pour couronner le tout et c’est ce qui a fait déborder le vase trop plein, c’est que j’ai terminé par inviter mon frangin pour raconter des blagues de cul en ligne. On y était donc : c’était Radio Anarchie le temps d’une heure complète ! Sans parler des micros qu’on oubliait de brancher, ce qui causait de gros « blancs » à l’antenne, ou au contraire, qu’on oubliait de débrancher durant les morceaux…

L’excuse pour me virer, au bout de six mois, a été lorsqu’un pote a grimpé sur la platine, les pieds sur les manettes de mixage pour me filmer pour un reportage « punk » qui n’aboutirait jamais…

Pour résumer : de longs mois de bonheur pour le post-ado que j’étais, des rencontres excellentes, des bonnes poilades mais aussi de faire exploser ma passion musicale aux oreilles d’un large public. Je sais que le photographe OZ animait aussi sur RLS une émission bien punky nommée L’ECHO DES BANANES, mais la chaîne a fermée pas très longtemps après vers le début de l’année 1993, je crois.

Je me souviens aussi, avoir été tout fière, l’année suivante, en allant faire mes études à Paris, d’annoncer, lors de leurs concerts respectifs à Karim, le chanteur de Ludwig von 88, à François Hadji-Lararo et Pierrot Sapu des Garçons Bouchers et à Gogol Premier, lui-même, que je les avais diffusé dans mon émission. Ce qui semblait leur faire une belle-jambe, malgré tout…

De bons souvenirs enfin, et c’est simplement dommage qu’il n’en reste rien d’autres…

Je regrette seulement d’avoir eu cet unique besoin adolescent de « faire péter du son » avec des groupes internationaux que j’aimais, alors que des personnes bien intentionnées et plus âgées que moi me reprochaient de ne pas mettre en avant des artistes de rue comme Didier Mindia qui commençait, depuis peu, à recouvrir le centre-ville de ses fresques colorées…

- « Couleurs sur ta ville – Il est temps de changer » hurlait le chanteur du groupe Oberkampf, quatre ans plus tôt dans les salles de concerts de Paris-



Chapitre Echos du révolu et de l'altéré par Trapard Creteux le 27 juin 2010

Suite de la Partie 1 :

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Un autre ciné-club a vécu quelques nombreuses soirées cinéphiliques du côté de l’ITFM (ex Ecole Normale) : Le Cinématographe.

Un soir par semaine, le club animait des soirées projections + débat autours d’un « film d’auteur » ou d’un spectacle d’opéra filmé.

Le cinéphile Alain Solier animait les soirées cinéma autours de grands noms de réalisateurs européens ou du Moyen-Orient. Le professeur d’audiovisuel (et mémoire vivante du cinéma), Marie-Paule Veyret participait aussi à l’animation de ses soirées plutôt intellectuelles.

Il me semble que le temps de vie de cette association n’a pas duré 2 ou 3 années.

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Enfin, j’ai souvenir de la création d’un ciné-club, lancé par la lycéenne Mathilde Christnacht, fille du Haussaire de l’époque, vers 1992. Les diffusions avaient lieues au cinéma Plaza grâce à un partenariat avec l’ancien co-gérant du lieu, Gilles Donneger et avec l’aide de Marie-Paule Veyret.

Le ciné-club qui n’a pas eu le temps de se trouver un nom, pour cause de son temps de vie limité à quelques mois, projetait des nouveautés sur grand écran, et grâce aux choix moins commerciaux du Plaza, des débats s’animaient souvent après les génériques de fin…

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Il y a eu, sans aucun doute des ciné-clubs qui ont éclos avant, pendant ou après l’existence de ceux cités plus haut et dans la première partie) et que je n’ai pas connu. J’ai entendu parler d’un club sur Koumak par exemple, animé par l’écrivain et vidéaste Roland Rossero…

Le Centre Tjibaou anime aussi souvent des soirées cinéma autours de sujets liés au Pacifique, grâce à Corinne Cuménal de la Médiathèque de l’ADCK, et animées par Pierre Faessel ou Roland Rossero.

Le Festival du cinéma de La Foa organise aussi, tous les ans, lors du weekend « Cinéma d’Ici » des débats autours des métiers de l’audiovisuel, ou sur des films précis. Pierre Faessel ou Roland Rossero, encore eux, en animent régulièrement des cours et des débats.

La Bibliothèque Bernheim et ses décentralisations sur le Grand Nouméa, le Nord et les Îles, organisent, de temps en temps des après-midis cinéphiliques.

Sonia Faessel organise, enfin, depuis peu, à l’université de Nouville, des soirées liées au cinéma de genres ou cinéma bis, une fois par mois. Nous vous en reparlerons prochainement.

La SACENC étant apparue depuis peu, ces Ciné-Clubs ont dû, pour éviter d’être hors-la loi, s’adapter à de nouvelles lois comme, par exemple, faire des choix de projections de films enregistrés sur des catalogues (de l’ADAV ou autres organismes), films qui sont exonérés de droits d’auteurs ou dans le domaine public ; ou en projetant des films dans les salles de cinéma.

Là où le révolu a fait son effet, avec le temps, en Calédonie, c’est que je me rappelle (avec nostalgie, c’est vrai…) avoir vécu de longues années d’insouciance pendant lesquelles le mot même de « piraterie » ne se prononçait pas et que copier, de magnétoscope à magnétoscope, mon film préféré, n’avait pas cette valeur hypocrite actuelle qui est :

qu’on m’offre tout pour pirater en me disant qu’il ne faut pas le faire…



Chapitre Echos du révolu et de l'altéré par Trapard Creteux le 13 juin 2010

Je vais bien entendu, me limiter aux Ciné-clubs nouméens que j’ai connu. Cette liste sera donc, forcément, non exhaustive. Les lecteurs pourront la compléter en commentaires.

Pour précision, un ciné-club est une réunion de cinéphiles qui, généralement, se rassemblent pour visionner des films de leur choix. Ces réunions aboutissent la plupart du temps, en association de loi 1901 (donc à but non lucratif), ce qui dépasse le cadre de la soirée DVD-pizza entre potes.

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Le plus ancien ciné-club de ma connaissance est le Groupe Edison créé par le cinéaste amateur Paul K. Dupré. Monsieur Dupré, ancien projectionniste de monsieur Kativinica et de la famille Hickson, et grand amateur de films américains (westerns, péplums, films noirs etc…) animait des soirées vidéo à Nouméa, avec présentation du film et débat en fin de projection.

La particularité du Groupe Edison était que ses membres n’étaient pas seulement des cinéphiles passifs, mais que l’association regroupait une poignée de vidéastes amateurs qui tournaient des courts ou moyens métrages en 16mm, en super-8, puis en VHS. Certains de ces films ont été diffusés en salles.

Outre Paul K. Dupré, je me souviens de sa fille Dahina (qui a tourné un film policier en super-8), de Yan Delage (un fan des Star Wars) et d’Alain Houdan (l’un des pionniers de l’écologie en Calédonie et papa d’un de nos rédacteurs et lecteur assidu).

Le Groupe Edison organisait tous les ans un Festival du Cinéma (généralement au Surf Novotel) basé sur l’Histoire du Cinéma, ses différents genres et les grands noms du métier. Ce Festival prit fin en 1990, pour des raisons de droits d’auteurs non payés à une époque où la SACENC n’avait même pas encore l’idée d’exister, et son organisateur du se débattre au tribunal, ce qui mit un terme à l’existence du Groupe Edison, cette année même.

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Le Sci-Fi Miniclub naquit en 1986 grâce à la passion de quelques adolescents « adorateurs » de cinéma fantastique et de science-fiction. On y pratiquait volontiers, le signe vulcain en récitant des répliques de Luke Skywalker, de Yoda ou de Darth Vador…

Le premier président de cette association fut Hervé Besson qui était accompagné de passionnés comme Laurent Saï, Yan Delage etc…qui pouvaient débattre durant de longues heures sur les méfaits de Troupes de la Mort des premiers Star Wars…

Le Sci-Fi s’emplit vite de nouveaux membres et devint le Sci-Fi Club aux alentours de 1987.

De 13 membres en 1986, l’association s’agrandit vite de ses 200 membres  environ (plus ou moins réguliers) en 1989.

Les premières séances (tous les samedis) se sont longtemps déroulées, au « local », rue Bataille, à la Vallée des Colons, constitué d’une assez complète bibliothèque de livres dédiés au cinéma bis, et qui s’agrandit vers 1988, d’une nouvelle pièce servant à la projection de films.

La multiplication des membres entraîna vite la multiplication des goûts, ainsi le Club se divisa en  « sections » : « Les échos d’Altaïr » , consacrée à la SF & F, puis « Blood Zone » dédiée au cinéma d’horreur et longtemps tenue par Laurent Saï, « Les Feuillets d’Hypnos », consacrée à l’écriture, dirigée par Frédéric Ohlen, puis les jeux de rôles ont fait leur apparition assez vite, aux alentours de 1989.

1989 (si je ne me trompe pas) est aussi l’année où le Sci-Fi Club créa Les 24 Heures du Fantastique (ce qui donnait environ, le chiffre symbolique de 13 films d’affilé en visionnage sur grand écran), en partenariat avec la famille Hickson. Les séances ont longtemps eu lieu au cinéma Liberty puis Les 24 Heures du Fantastique se sont, plus tard, limitées à La Nuit du Fantastique.

De la rue Bataille, le club a migré, au début des années 90, derrière le Parking Hickson à Magenta, puis dans les locaux de la F.O.L., rue Taragnat et gravite (il me semble) ces derniers temps, du côté de La Maison du Livre au Faubourg Blanchot…

à suivre…

Dans 15 jours :

Échos du Révolu et de l’Altéré : Les Ciné Clubs – Partie 2